Vrai/Faux : Mon chat et la chasse

Extrait de Matou Chat N°20

Par le docteur vétérinaire Laetitia Barlerin

A le voir allongé nonchalant sur le fauteuil, réclamant des câlins, on a du mal à croire que, passé la porte, il se transforme en redoutable prédateur d’innocents oiseaux. Mais que savez vous vraiment sur cette activité – la chasse – si essentielle dans sa vie ? Testez vos connaissances. 

Il suffit de le nourrir pour qu’il arrête de chasser FAUX

Le voir tuer ces pauvres oiseaux dans le jardin vous attriste et vous avez décidé de lui offrir à disposition une montagne de croquettes pour atténuer ses instincts prédateurs ? Erreur. La chasse (affût, capture) et la consommation des proies sont deux comportements indépendants l’un de l’autre qui répondent à des motivations différentes chez le chat domestique. La capture d’une proie est un comportement instinctif déclenchée par ses mouvements et est peu liée à la faim. Nourrir davantage un chat ne va pas lui ôter son envie de chasser. Mais peut le faire grossir !

Il m’offre ses proies en cadeau Vrai & Faux

Un chat qui ramène à la maison le fruit de sa chasse et le dépose à nos pieds veut-il nous faire un cadeau ? Sur ce sujet, les éthologues (spécialistes en comportement animal) se divisent. Pour les uns, le chat ramène ses proies dans sa « tanière » – votre maison – histoire de les manger plus tard et au calme. Il sait instinctivement qu’il peut être risqué de les consommer sur le lieu de capture : un autre prédateur peut lui voler sa proie ou s’en prendre directement à lui. Ou simplement il n’a pas vraiment faim. Pour les autres, ce comportement est à rapprocher de celui de la chatte qui ramène ses proies mortes ou vives à ses chatons pour les nourrir ou simplement leur apprendre à chasser. La vérité est sûrement des deux côtés.

Il veut être seul sur son terrain de chasse

Le chat est un chasseur solitaire VRAI

A la différence par exemple du chien ou du loup qui chassent en meute, la poursuite, la capture et la consommation des proies sont des activités solitaires chez notre félin. Seule la chatte partage son butin avec ses petits. Ce qui veut dire que le chat élabore tout seul sa stratégie d’approche et de capture de sa proie, et que cette dernière est nécessairement plus petite en taille que lui. S’il surprend un autre chat sur son terrain de chasse, soit il le met en fuite, soit il s’éloigne pour chasser ailleurs.

Chasser s’apprend VRAI

Les félins sont des carnivores stricts qui, dans la nature, ont besoin de chasser des proies vivantes pour vivre. Si l’intérêt pour une chose en mouvement, l’attitude d’affût puis de bond sur cette chose sont des comportements instinctifs, l’art de la chasse s’apprend. L’apprentissage- fait d’essais, de succès et d’échecs-, débute chez le chaton dès le 27e jour d’âge : il commence alors à s’intéresser insectes au sol ou dans l’air et essaye de les attraper. Puis la chatte ramène à ses chatons des proies (rongeurs) mortes puis vivantes. Elle les laisse s’exercer et met le coup fatal s’ils mettent trop de temps. Car tuer une souris d’un coup de crocs à la nuque demande de l’expérience ! Les chatons s’exercent aussi sur les jouets qui roulent ou volent et se perfectionnent. Avec le temps leurs stratégies de capture s’affinent et leurs gestes sont de plus en plus précis. Plus tard, certains seront de bien meilleurs chasseurs que d’autres et ce, même s’ils ont grandi dans le même environnement.


Suite de l’article,  se procurer le N°20 de Matou Chat


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