Rencontre avec Martine Jacquel Saint Ellier

Extrait de Matou Chat N°16

Texte de Brigitte Bulard-Cordeau

Dans sa belle région des Pays de la Loire, Martine Jacquel Saint Ellier peint des paysages, des petits villages et des montagnes dont elle a la nostalgie. Elle peint aussi des chats. Elle ne s’en lasse pas. « J’essaie de les rendre vivants et de restituer leur caractère à travers mes aquarelles ». C’est tantôt Papyrus, la petite chatte très curieuse et très sociable, pleine de vitalité, tantôt sa fille Hatshepsout, la peureuse, toujours cachée lorsqu’arrivent des visiteurs. Sans oublier les chats de toute la famille. L‘artiste s’inspire alors des photos de chaque petit félin « à croquer ». Et Martine Jacquel Saint Ellier, née dans une famille de photographes, ayant toujours eu un appareil photo dans les mains, s’adonne à sa liberté d’aquarelliste, ajoutant sa touche de lumière, ses couleurs, son cadrage. Pour représenter le chat, elle cherche à capturer son esprit, sa vie. Dans ses aquarelles, les gens croient voir leur chat vivant !

Propos recueillis par Valérie Parent

Accroche

A la différence du photographe, le peintre, lui, peut agir sur la réalité et la modifier à sa guise

Matou Chat : « Traduire, en photos ou en peinture, les paysages qui m’entourent, est ce qui m’anime depuis toujours. À la recherche de la « photo ultime », je l’ai peut-être trouvée dans la peinture… ».  Qu’est-ce que vous entendez par « photo ultime » ?

Martine Jacquel Saint Ellier : La photo ultime est pour moi celle où tous les critères d’une photo réussie sont réunis : le cadrage est bon, la lumière est bonne, les couleurs sont bonnes, le déclenchement a été fait au bon moment, et bien sûr le sujet est exceptionnel. En un mot, la photo ultime est la photo parfaite !

Elle est donc difficile à réaliser et souvent un impondérable fait qu’un des critères nécessaires n’est pas là.

MC : En quoi la peinture se différencie-t-elle de la photographie ? Quelles émotions supplémentaires la peinture vous permet-elle de véhiculer ?

MJSE : Le photographe ne peut modifier la réalité, il ne peut que la sublimer, et en de rares cas seulement. A la différence du photographe, le peintre, lui, peut agir sur la réalité et la modifier à sa guise. Il maîtrise tous les critères : il peut réaliser une belle peinture à partir d’une photo médiocre car il va ajuster à sa guise la lumière, les couleurs et le cadrage. De plus, il peut composer une peinture à partir d’éléments piochés dans plusieurs photos, ou même imaginés.

Il a toute liberté !

Et c’est justement cette liberté qui va permettre au peintre de véhiculer ses émotions à travers la peinture.

MC : Côté technique, c’est l’aquarelle qui a guidé vos pinceaux. Pourquoi ce choix ? Quand et comment cela est-il arrivé dans votre vie ?

MJSE : Née dans une famille de photographes depuis plusieurs générations, j’ai eu depuis toute petite un appareil photo dans les mains  et cela m’a procuré de grandes joies.

Mais, toujours à la recherche de la photo ultime, j’avais du mal à la trouver, du moins dans l’instantanéité de la prise de vue, sans passer par la case logiciel de retouche…

Comme les couleurs m’ont toujours attirée, il y  a 4 ans, j’ai acheté une boite d’aquarelles, quelques pinceaux, des feuilles de papier… Je n’y connaissais rien du tout, j’avais juste envie…

J’ai commencé par essayer de peindre des rameaux de pommiers en fleurs, mon dernier sujet photographié et le résultat, s’il n’était pas vraiment bon, n’était pas non plus totalement mauvais, ce qui m’a permis de continuer.


Suite de l’article,  se procurer le N°16 de Matou Chat

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