LE MAU EGYPTIEN Beau comme un dieu

Extrait de Matou Chat N° 10

Texte de Brigitte Bulard-Cordeau

Tiqueté, moucheté tout naturellement, portant bracelets et colliers et maquillé à la Nefertiti, il est le sosie de la déesse Bastet. Ceci explique son regard énigmatique. A propos du Mau égyptien, voici le fin mot de l’histoire… 

C’est le portrait craché du chat de l’Egypte antique. On croit avoir devant soi une peinture murale et voir de ses propres yeux le félin vénéré depuis des millénaires. Un dieu ou plutôt une déesse, Bastet, corps de femme et tête de chat. Symbole de l’amour et de la procréation, elle fut vénérée à Bubastis et à Saqqarah, où est érigé le temple de Bubastéion qui lui est dédié. Le Mau égyptien est donc l’une des races félines les plus anciennes. Total respect. On n’a pas affaire à n’importe quel  greffier. Le Mau égyptien est fier comme Artaban.

Lorsqu’il se déplace, on le distingue des autres chats, tant sa démarche est souple, aérienne, élégante. L’allure noble, il a également un caractère peu commun. Il sait ce qu’il veut et ne fait que ce qu’il veut. Lui seul prend les décisions. S’il consent à venir sur les genoux, on est ravi, c’est comme-ci,  s’il n’accepte pas de rester dans les bras, c’est comme ça. On se plie à ses désirs. Le Mau égyptien a toujours le dernier mot.

Il n’a pas changé d’un poil

Il a la langue bien pendue. Certes, il s’exprime beaucoup, mais d’une voix discrète, roucoulant plus qu’il ne miaule. Son côté communicatif est d’ailleurs très recherché. S’il vous choisit lorsque vous pénétrez dans un élevage ou bien s’il porte son dévolu sur un membre de la famille, attention c’est pour la vie ! Il ne vous quittera plus d’un coussinet. Le Mau égyptien est très proche de son humain. C’est touchant lorsque l’on considère ce chat d’un autre temps,  il est le même qu’il y a quatre mille ans. Si on se promène dans les rues du Caire, on rencontre le Mau pharaonique, de couleur bronze, il ressemble comme une goutte d’eau celui que l’on découvre en exposition.

Incroyable, on a dû attendre le milieu du siècle dernier pour avoir une telle beauté au pays. C’est seulement au début du siècle dernier, que l’on a tenté les premières approches. Une princesse russe s’est lancée dans l’élevage après avoir eu le coup de foudre en Italie pour un Mau égyptien. L’ambassadeur d’Egypte, dont elle était l’hôte, consentit à lui donner le fameux mâle pour lequel son cœur battait. Elle maria Geppa à une femelle venue d’Egypte, appelée Lulu, et émigrant aux USA, elle commença l’élevage du Mau égyptien. La princesse Troubetskoï nomma ses trois chats Baba, Jojo, Liza. C’était facile de les reconnaître. Chacun avait sa couleur : noir, silver, black smoke.

L’allure supra féline

Le Mau égyptien est un chat harmonieux. Il mêle en lui l’élégance et la puissance. De taille moyenne, la silhouette semi-foreign, les épaules saillantes, il a les pattes arrière plus hautes que les pattes avant. Sa forte musculature en fait un sportif de haut niveau. C’est un champion à la couse, faisant des pointes à 50 km/h. Agile et tonique, il fait des bonds de 2 m de haut.

On est fasciné par son allure, noble, supra féline, son porta altier qu’il doit à sa belle encolure arquée, sa tête en triangle adouci. Son visage ne comporte aucune face plane. De profil, le front est légèrement arrondi, avec une légère déclivité concave au niveau des yeux, laquelle est prolongée par un nez droit. Vu de face, le Mau égyptien a les joues plates -sauf chez le mâle qui a des bajoues. Le nez est de largeur égale sur toute la longueur. Ses oreilles, larges à la base, arrondies au bout, de taille moyenne, sont assez espacées l’une de l’autre. À l’extérieur, elles sont couvertes d’une fourrure très courte et, à l’intérieur, sont presque transparentes. Le museau du Mau égyptien n’est ni court ni long, avec des courbes douces ; le menton est ferme, ni saillant ni en retrait.

Ses yeux ? Beaux à vous couper le souffle. On est ébloui par la luminosité et cette couleur magnifique : vert groseille à maquereau. Ils sont en amande, grands et bien ouverts, d’une implantation légèrement oblique. L’expression du regard est assez insaisissable, pour ne pas dire mystérieuse, énigmatique, n’avons-nous pas devant nous Bastet en personne ?


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