Le MAINE COON a la grosse tête

Extrait de Matou Chat N° 3

Texte de Brigitte Bulard-Cordeau

Premier élu devant le Sacré de Birmanie et le Persan, le Maine coon est le roi des chats de race. Grosse tête et belle crinière, le chat lion a tout un programme pour conserver son trône : rester typé. To be or not to be.

IL est le plus ancien chat américain. Sur son dos, court une légende selon laquelle il serait le fruit des amours impossibles entre un chat sauvage de la côte est des USA, l’Etat du Maine, et le raton laveur ou racoon. D’où son nom. La vérité est autre. Le Maine coon est né des croisements improbables de chats marins débarqués des bateaux venus notamment des côtes anglaises et qui se sont répandus dans la nature avant de devenir des chats de ferme, redoutables chasseurs de rats et autres rongeurs. Devenu chat de concours et sélectionné dès le début du XXe siècle par quelques passionnés il va bientôt faire rêver par sa taille et il en impose. Beaucoup plus tard, en Europe à partir des années 1960, on le voit parfois en photo dans les magazines et il va attirer l’attention sous le nom étrange de chat Raton du Maine. Un chat au look sauvage, tête massive, oreilles de lynx, mâchoires puissantes. Il surprend par ses grands yeux, légèrement ovales au regard intense, son corps long et puissant, sa queue de la longueur de son corps qu’il porte avec une grande fierté. Il a de l’allure, une belle prestance.

« Le Maine coon est arrivé en France en 1981, rappelle Jacqueline Chabbi, présidente du Club de race du Maine coon. Cela faisait dix ans déjà qu’il était en Europe. Il nous est venu d’Allemagne et du Danemark. Les Allemands avaient pu bénéficier de la présence des militaires américains stationnés dans leur pays dont certains avaient amené leurs Maine coons avec eux. Ce fut notamment le cas d’une infirmière militaire qui possédait l’élevage Heidi Ho dont on trouve les chats, des brown typés sauvage, dans de nombreuses lignées jusqu’à aujourd’hui.

Un succès planétaire

En 1990, une dizaine d’années après, les éleveurs français qui se comptaient à l’époque sur les doigts d’une main commencèrent à aller chercher leurs Maine coons directement aux USA. Parfois aussi des éleveurs d’Outre Atlantique amenaient des chats avec eux quand ils venaient participer à des expositions sur le continent. Ce fut le cas, à plusieurs reprises de la célèbre chatterie Willowplace. »

A partir des années 2000, les achats recommencèrent en direction de l’Allemagne, des autres pays d’Europe, voire de contrées beaucoup plus lointaines, comme l’Australie, l’Afrique du Sud ou le Japon car le succès du Maine coon était devenu planétaire.

Phénomène marquant, depuis 2005, la population du Maine coon ne cesse d’augmenter. Succès colossal en 2014, plus de 7000 pedigrees sont enregistrés au LOOF (Livre officiel des origines félines). Le Maine coon est donc le Numéro 1 des chats de race. Il dépasse le Sacré de Birmanie et le Persan, lequel passe en troisième position après avoir régné un siècle, lui qui a porté le titre de « Prince des chats ». Mais comment tenir son rang aussi longtemps ? Avoir les honneurs n’est pas sans risque. «Le problème, poursuit la présidente Jacqueline Chabbi, également membre du bureau du LOOF, est que le Maine coon est trop répandu. Il connaît le revers de la médaille. D’un côté, on distingue le Maine coon bien typé, de l’autre, le Maine coon mal typé. » De quoi s’arracher les cheveux pour les spécialistes de la race. Ne lit-on pas dans les papiers officiels du chat américain que « le type ne doit pas être sacrifié à la taille ni la taille au type » ? C’est clair, net et précis.


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