Le diabète sucré Chez le véto, illico presto !

Extrait de Matou Chat N°21

Par le docteur vétérinaire Valérie DUPHOT

Cette affection est en augmentation. Elle doit être diagnostiquée rapidement

Un nombre croissant de chats est atteint de diabète sucré. Le diagnostic et le traitement précoces de cette endocrinopathie peuvent permettre sa rémission et éviter les injections quotidiennes d’insuline, préservant ainsi la qualité de vie du chat et de son propriétaire.

Un chat sur 200 est diabétique en France. Cette affection hormonale (endocrinopathie), rencontrée dans différentes espèces animales, résulte de la mauvaise utilisation du glucose par l’organisme en raison d’un déficit en insuline, hormone sécrétée par le pancréas, qui conduit à l’augmentation chronique du taux de glucose dans le sang (hyperglycémie). Trois formes de diabète sont décrites chez le chat (lire encadré).

Le diabète sucré apparaît le plus souvent entre 6 et 10 ans. Les plus touchés sont les mâles castrés. La fréquence de la maladie est supérieure chez les birmans. L’obésité est une cause favorisante majeure. Certains médicaments (corticoïdes, hormones thyroïdiennes, hormone de croissance…) et des problèmes hormonaux peuvent aussi en favoriser l’apparition.

Cette maladie est en augmentation dans les pays développés, liée aux conditions de vie des chats : sédentarité plus importante, longévité accrue, obésité.

Plusieurs symptômes pouvant être liés au diabète sucré motivent une consultation vétérinaire rapide : l’augmentation de la quantité d’urine émise (le chat peut uriner n’importe où, devenir « malpropre ») entraînant une augmentation de la soif, une faim augmentée, des urines riches en sucre ayant un aspect collant, un poil moins beau et un état léthargique.

Si le diabète n’est pas diagnostiqué et traité, d’autres signes peuvent apparaître : des infections urinaires répétées, une plantigradie (10 % des chats diabétiques marchent sur la plante des pattes).

Des manifestations graves peuvent survenir : perte d’appétit, déshydratation, respiration anormale et lente, vomissements, coma… Le chat est alors en crise d’acidocétose diabétique.

Tous ces symptômes ne sont pas obligatoirement présents et aucun n’est spécifique du diabète sucré. Le diagnostic repose en grande partie sur des examens complémentaires, en particulier des analyses sanguines et urinaires. L’hyperglycémie est un élément important du diagnostic mais seule, ne permet pas le diagnostic de diabète sucré. Le vétérinaire peut conseiller une échographie abdominale pour explorer le pancréas.

Le traitement du diabète sucré est nutritionnel et médical

Le chat doit consommer un aliment (cuisiné à la maison ou acheté dans le commerce) permettant de contrôler les apports en glucides et en énergie afin d’éviter les fluctuations de la glycémie au fil de la journée et de maintenir un poids normal. La ration doit être élaborée par le vétérinaire et adaptée à chaque chat.

Le traitement médical repose généralement sur des injections d’insuline deux fois par jour. Une courte hospitalisation est parfois nécessaire pour ajuster la dose, le type d’insuline à administrer, le nombre d’injections et la fréquence des repas.

Ces injections s’effectuent avec une seringue et une aiguille ou un stylo injecteur adaptés aux chats, après démonstration par le vétérinaire.


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