LE CHAT A CASQUETTES EN TETE, CHAPEAU !

Extrait de Matou Chat N° 2

Texte de Brigitte Bulard-Cordeau

Photos de Christophe Hermeline

LE SCOTTISH

Yeux de pleine lune et drôles d’oreilles, Il ressemble comme deux gouttes d’eau à une chouette ou un hibou, on le porte aux nues, c’est notre plus chouette ami, chiffres à l’appui. Son look casquette n’est pas la seule raison de son incroyable ascension. Robe de laine, douceur extrême, scotchant, le Scottish !

Il faut appeler un chat un chat, dit-on pour parler franc, et désormais nommer d’un mot d’un seul, ce chat Scottish, quelle que soit la forme de ses oreilles. Rayez du vocabulaire ces noms obsolètes que sont Scottish fold, Scottish straight. Qu’il s’agisse du chat aux oreilles pliées (fold) ou du chat aux oreilles droites (straight), il est toujours Scottish. C’est tellement plus simple, même si tout le monde ne l’entend pas de cette oreille. En effet, la Fife (Fédération internationale féline) ne reconnaît toujours pas les Scottish/Highland.

C’est pourtant outre-Manche que le chat aux oreilles pliées a été découvert. Un jour, dans une ferme située au nord de Dundee, le berger William Ross découvre une petite chatte aux oreilles peu ordinaires. Un phénomène unique. Suzie tourne ses oreilles comme des pales d’hélicoptère. Il l’adopte, l’élève, bientôt sa petite protégée aura des chatons… Surprise, Snook est tout le portrait de sa mère ! Mêmes oreilles tombantes. Il deviendra le symbole de la génération des chats « lop heared ». En Écosse et en Angleterre, la race est fixée par des croisements entre des British shorthair et des chats domestiques à oreilles pliées. En France, c’est le British qui est marié avec le Scottish. Véritable curiosité, ce chat écossais, issu d’une mutation spontanée, sera introduit aux USA en 1963. En 1970, ils sont trois, Joey, Judy, les deux mâles et la petite chatte Hesters, à traverser l’Atlantique. Alors s’impose notre héros aux USA. En 1971, le fold n’est plus reconnu par le GCCF (Governing Council of the Cat Fancy).

Premier succès en Amérique

Est-ce une bonne idée alors qu’au même moment, outre-Atlantique et même en Europe continentale, où le fold est exporté, il connaît un franc succès ? Les Américains lui portent une attention particulière. Ils ne cachent pas leur admiration pour ce chat au look original et si facile à vivre. La récompense viendra à son heure. Quelques années plus tard, en 1978, toutes les associations félines d’outre–Atlantique américaines reconnaissent le chat aux oreilles pliées comme véritable race.

En France, les deux premiers highland, appartenant à Michel Bigas, verront le jour en 1991: Maritza’s Golden, de couleur noire, et Maritza’s Golden boy, au pelage roux. Malgré les efforts déployés par les éleveurs, et trente années passées dans l’Hexagone, le Scottish, tout comme le Highland, son sosie au poil mi-long, demeure peu connu. « Le Scottish est un chat rare », affirme Serge Atlan, de la Chatterie Dicxiland. Et c’est précisément ce qui captive cet éleveur, artiste de profession. Le coup de foudre, il l’a eu en 2004. « Avant je vivais avec une British. Lorsque j’ai voulu lui donner un copain de jeu, je suis allé chercher un mâle de la même race, mais le chaton n’a pas vécu. Puis j’ai découvert le Scottish. Cela m’a donné l’occasion au fil du temps de savourer la joie des naissances. Je me suis lancé dans l’élevage. » Pour commencer, Serge Atlan entreprend un voyage en Russie car dans ce pays, on s’entiche du Scottish. « Je suis allé en Russie pour ramener un Scottish fold. Un bijou, qui à l’époque, valait la modeste somme de 4500 euros ! », raconte l’éleveur de Dicxiland.

 


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