LE CHARTREUX LE CHARME DU CHAT BLEU

Extrait de Matou Chat N°22

Par Brigitte Bulard-Cordeau

C’est notre numéro 5 dans le top ten des chats préférés. Ce nounours aux bonnes joues, doux et curieux, grand penseur et maître chasseur réchauffe les cœurs en hiver, poil de loutre et sous-poil laineux. « Le chat de France », comme l’appelait Buffon, s’il a perdu du galon, nous fait sentir la vie autrement. Précieux, le Chartreux !

Légende

« Ondulant de la croupe et marchant à pas calculés, il est « le beau chat de France ».

Buffon

L’AMI CHAT DEPUIS TOUJOURS

Sa fourrure d’un bleu uni et le soleil de ses yeux orange, sa tête en trapèze et ses joues toutes rondes ne le font ressembler à aucun autre. Ou plutôt à tous les chats du monde. Car le Chartreux est le chat dans notre inconscient collectif. Beau, doux, intelligent, calme et vif, joueur et réfléchi… la France a bon goût pour s’être approprié ce chat. C’est l’une des races félines les plus anciennes.

Dès 1254, le Chartreux est introduit sur notre continent par les Croisés. Plus tard, à l’époque de la Renaissance, on s’émerveille face à ce petit chat gris. On le présente comme un Chartreux. Pourtant son poil n’est ni homogène ni uniforme. Au XVIème siècle, le poète Joachim du Bellay, alors intendant de son oncle, le cardinal du Bellay, découvre le chat Belaud à Rome. Il lui consacre une ode « Epitaphe d’un chat », où il décrit ce beau Chartreux « Couvert d’un poil argentin/ Ras et poli comme satin/ Couché par ondes sur l’échine/ Et blanc dessous comme une hermine. »

« Blanc dessous… », cette description nous met la puce à l’oreille.  En réalité, il ne s’agit pas d’un Chartreux mais d’un chat que l’on appelle aujourd’hui « genre chartreux ». Il est issu des amours de hasard entre un Gouttière et un Chartreux. Un excellent chasseur qui a mille manières pour surprendre les rongeurs « en leurs tanières ». Pour le poète, le petit chat gris demeure « Le plus bel œuvre que nature /Fit onc en matière de chats. »

Fourrure dense, chance ou malchance

Au XVIIIème siècle, le naturaliste Buffon l’appelle « le chat de France ». On l’aime pour sa fourrure dense. Sous-poil laineux et poil de loutre, notre favori, hélas, ne pourra échapper à la convoitise des pelletiers. Ils veulent sa peau. Dans tous les sens du mot car non seulement ils utilisent sa fourrure pour en faire des manchons mais ils vont mettre la race en péril. Elle sera sauvée un demi-siècle plus tard par les sœurs Léger, à Belle-Île-en-Mer, dans le Morbihan. Le Chartreux est reconnu officiellement en 1939.

Les écrivains, les artistes en pincent pour le « petit ours à grosses joues », ainsi nommé par Colette, dans « La Chatte». Elle ne tarit pas d’éloges sur ce doux chat. Les grands hommes ne résistent pas non plus au charme du Chartreux. Le Général de Gaulle, qui n’avait d’yeux que pour les chiens, s’est laissé séduire par les chats vers la fin de sa vie. Ringo de Balmalon, appelé Gris-Gris, accompagne toujours le Général dans ses promenades, marchant à ses côtés dans les allées de La Boisserie ou installé dans son bureau. Gris Gris ne quitte pas le Général. Il l’assiste jusqu’au dernier jour, le 9 novembre 1970.

Ces années-là, la race est exportée aux Etats-Unis. Le Chartreux est une race aujourd’hui présente et reconnue un peu partout à travers le monde notamment dans les pays du Nord de l’Europe telle la Finlande, où il existe un Club du Chat des Chartreux comportant une centaine de membres. Plus près de nous, la Belgique, l’Italie, la Suisse, l’Allemagne accueillent le Chartreux et l’admirent.


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