LA STERILISATION AVANT TOUTE CHOSE

Extrait de Matou Chat N°14

Par Brigitte Bulard-Cordeau

En Haute Tinée, l’Américaine Leslie Frasier est connue comme le loup blanc pour son action de protection des chats.

Il y a dix ans, un beau jour de juillet, Leslie Frasier aperçoit des chatons et leur mère dans un buisson alors qu’elle déjeunait au restaurant avec Claude, son compagnon. Cette chatte « au bout du rouleau », suivie de ses six chatons, et toujours grosse, prête à mettre bas, l’émeut et la fait réagir. Elle va créer l’association loi 1901 « Les chats du Mercantour ». Chaque jour, hiver comme été, au cœur des montagnes, elle s’acharne à redonner une certaine noblesse aux chats errants. Ils sont libres, sains et saufs. D’un  village à l’autre dans les Alpes maritimes, la stérilisation des chats est entrée dans les mœurs. Adoption et parrainage demeurent une nécessité. La présidente est partout à la fois. « Leslie par-ci, Leslie par-là », dit-on dans la commune, car on se l’arrache pour suivre son exemple. La présidente a même son santon dans la crèche du village de Saint-Etienne de Tinée. Pour les chats du Mercantour, protégés jusqu’en haut lieu, c’est une aubaine.

BBC. Vous étiez assistante vétérinaire et êtes aujourd’hui à la tête de l’association « Les Chats du Mercantour ». Comment est née votre association ?

LESLIE FRASIER. Un jour de juillet 2006, j’aperçois une famille de chatons cachée dans les buissons en face du restaurant dans lequel nous déjeunions, mon compagnon et moi. Je vois la mère chatte, affairée, léchant ses chatons qui ne la quittaient pas. Elle semblait épuisée, avec son gros ventre. Elle allait bientôt mettre bas. Je me renseigne. La Direction du restaurant me parle d’une famille de six chatons. La mère, âgée d’à peine deux ans, en était à sa … cinquième grossesse !

Je me suis prise d’affection pour cette malheureuse chatte qui semblait être au bout du rouleau. C’était une chatte errante qui se méfiait des gens, on ne pouvait  pas l’approcher et encore moins ses chatons qu’elle gardait férocement. Ils avaient droit aux restes distribués par les patrons du restaurant. Ils avaient l’intention de faire stériliser cette pauvre chatte mais comment la capturer ? Et puis comment trouver le temps de l’emmener chez le vétérinaire ? Il faut parcourir près de cent kilomètres pour trouver une clinique.

CIEL, LA MERE CHATTE, VIT DANS UN ABRI PRES DU RESTAURANT

Alors quelle a été votre décision ?

LF. Le lendemain, je reviens sur les lieux. Je suis tout de suite frappée par le spectacle d’un chaton à l’œil crevé. J’apprends qu’il s’est trouvé au cœur d’une bataille. Un mâle dominant était venu semer la pagaille au sein de la petite famille. Tout de suite j’ai réagi. J’ai recruté les enfants du quartier pour m’aider à capturer la mère et les chatons. A l’époque, je ne possédais pas l’équipement sophistiqué dont on dispose maintenant. Nous n’avions que des cages de transport et du fil pour fermer la porte. Avec patience et persévérance nous avons capturé les chatons et la mère… Il nous a fallu trois jours. La mère a été transportée chez le vétérinaire pour la stérilisation. J’ai gardé cinq chatons afin de les apprivoiser, le sixième qui s’était laissé prendre dans les bras a été aussitôt adopté. Le chaton à l’œil crevé, que j’ai appelé Pirate, est resté craintif. Je devais lui mettre des gouttes dans l’œil plusieurs fois par jour. Un autre chaton était tellement terrifié qu’il fallut plusieurs mois après sa sortie de cage, pour que je puisse le toucher. Nous l’appelons Timo.


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